Jacques Biny

(France)

Jacques Biny (Jacques Marc Fernand Bini), né le 10 juillet 1913 à Valence (Drôme) et décédé en 1976 à Paris, est une figure incontournable du design de luminaires en France au cours de l’après-guerre. 

Issu d’une famille d’ornemanistes, il suit des études à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, où il obtient son diplôme en 1935, avant de retourner à Valence pour exercer en tant que décorateur jusqu’en 1948.

C’est à Paris qu’il se spécialise dans le luminaire, concevant des prototypes pour Omnialux présentés à la Foire de Paris en 1950, puis établi dans le 9ᵉ arrondissement où ses premières productions sont fabriquées par Kobis et Lorence. 

En 1953, animé par une vision à la fois créative et entrepreneuriale, Biny crée sa propre maison d’édition, Luminalite, rue de la Folie Régnault dans le 11ᵉ arrondissement de Paris.

Avec Luminalite, Jacques Biny développe près de 400 modèles de luminaires — appliques, lampes à poser, plafonniers, hublots, lampadaires — répondant à la fois aux besoins des particuliers, des services publics et des collectivités (hôpitaux, hôtels, universités, préfecture de Valence, chantiers navals de Saint-Nazaire…). 

Ses créations se distinguent par une esthétique sobre, des lignes épurées, des matériaux innovants comme les tôles laquées (souvent perforées), le perspex (plexiglas) ou encore le métal cintré, avec un souci particulier de fonctionnalité, notamment dans la diffusion et la réfraction de la lumière.

Parallèlement à son travail de créateur, Biny est aussi un éditeur attentionné, promouvant et produisant des modèles conçus par d’autres jeunes talents du design — Michel Buffet, Jean Boris Lacroix, Gustave Gautier, Pierre Disderot, Roger Landault, Charles Ramos… Il joue ainsi un rôle clé dans le développement d’une scène française du luminaire moderniste.

Reconnues par ses pairs, ses œuvres sont sélectionnées à la Triennale de Milan en 1957. Il reçoit une médaille de bronze de la Société d’Encouragement à l’Art et à l’Industrie, une autre distinction à Equip’Hôtel en 1960, et il est lauréat de concours pour l’éclairage professionnel, notamment celui organisé par Mazda en 1961 et par EDF en 1971.

À sa mort en 1976, Jacques Biny laisse derrière lui une œuvre dense, à la croisée du design, de l’industrie et de l’innovation matérielle. 

Sa maison Luminalite, après son décès, est reprise temporairement par la maison Chéret jusqu’au début des années 1980. Son travail est régulièrement célébré de manière posthume, notamment à travers des expositions dans des galeries de design et lors de salons internationaux. 

Depuis 2018, certains de ses modèles emblématiques sont également réédités, confirmant l’intemporalité de sa vision.


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